Le Citepa, association en charge des inventaires d'émissions nationaux, publie régulièrement des analyses visant à mieux comprendre et réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), améliorer la qualité de l’air et accompagner l’adaptation au changement climatique. Dans son rapport Secten 2026, elle actualise ses estimations et confirme une tendance générale à la baisse des émissions en France. Toutefois, depuis 2024, cette diminution marque un ralentissement par rapport aux années antérieures. Qu’en est-il plus précisément pour le secteur du bâtiment ? Voici les principales tendances à retenir.
Le périmètre du secteur du bâtiment
Dans ce rapport, le secteur du bâtiment regroupe :
- Le résidentiel, qui couvre l’usage des logements ainsi que certaines activités domestiques (chauffage, climatisation, brûlage de déchets, etc.) ;
- Le tertiaire, qui inclut également l’usage des bâtiments, mais aussi la climatisation, la réfrigération commerciale — particulièrement importante dans ce secteur — et des activités annexes (comme les feux d’artifice ou certaines activités militaires).
Les chiffres clés

En 2024, les émissions de GES représentaient 56,1 Mt CO2e et elles sont estimées à 54,9 Mt CO2e pour 2025. La diminution prévue pour 2025 s’explique notamment par une baisse de la consommation de gaz dans le résidentiel, une réduction des ventes de fioul domestique et un hiver plutôt doux.
À souligner que le secteur résidentiel est fortement dépendant des variations climatiques.
Les récentes évolutions du secteur
Une forte baisse des émissions a été enregistrée entre :
- 2021 et 2022 : -12,2 Mt CO2e (-16,3 %)
- 2022 et 2023 : -5,5 Mt CO2e (-8,9 %)
Un ralentissement apparaît ensuite :
- 2023 à 2024 : -0,9 Mt CO2e (-1,6 %)
- 2024 à 2025 (estimation) : -1,2 Mt CO2e (-2,1 %)
Quid de l’atteinte des objectifs de la SNBC
Selon le projet de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), le plafond d’émissions pour la période 2024-2028 est fixé à 51 Mt CO2e par an, avec un objectif de 36 Mt CO2e en 2030.
Or, avec une moyenne de 55,5 Mt CO2e/an sur 2024-2025, la trajectoire actuelle reste insuffisante.
Les moyens identifiés par la SNBC 3 pour agir
Pour le résidentiel :
- Rénover massivement le parc pour atteindre une majorité de logements classés A, B ou C au DPE ;
- Supprimer progressivement les « passoires énergétiques » d’ici 2035-2040 ;
- Réduire d’au moins 60 % le nombre de chaudières au fioul et de 20 % celles au gaz d'ici 2030 ;
- Accélérer le déploiement des pompes à chaleur.
Pour le tertiaire :
- Réduire les consommations énergétiques en cohérence avec le dispositif Éco Énergie Tertiaire ;
- Diminuer de 85 % les surfaces chauffées au fioul et de 17 % celles au gaz entre 2020 et 2030.
Afin d’atteindre les objectifs climatiques, il est donc essentiel de poursuivre les efforts, notamment :
- accélérer la rénovation énergétique ;
- décarboner les systèmes de chauffage ;
- faire évoluer les usages.
Retrouvez toutes les informations dans le Rapport SECTEN 2026 | Citepa
