En décembre 2025, l’Ancols (Agence nationale de contrôle du logement social) a publié une étude sur les vecteurs énergétiques dans le parc social – État des lieux et dynamiques. Celle-ci analyse les équipements de chauffage existants, les rénovations engagées et les perspectives de décarbonation du logement social en France. Promotelec vous en propose une synthèse.
Les bases de l’étude de l’ANCOLS
Cette analyse repose sur les données de l’enquête TRELO (Travaux de Rénovation Énergétique dans les LOgements), menée par le Service des données et études statistiques (SDES). Les résultats proviennent exclusivement du volet « bailleurs » de l’enquête TRELO 2023, portant sur un échantillon de 224 bailleurs.
Etude : Les vecteurs énergétiques dans le parc social : état des lieux et dynamiques | ANCOLS - Décembre 2025
2023 : un parc dominé par le gaz et les réseaux de chaleur
En 2023, 55 % des logements sociaux étaient chauffés au gaz. Les réseaux de chaleur représentaient 21 % des systèmes.
L'électricité (hors pompes à chaleur) concernait 19 % des logements. Le recours au fioul est désormais marginal et le déploiement des pompes à chaleur reste encore limité.
2018-2023 : un volume de travaux soutenu mais peu de changements de source d’énergie
Entre 2018 et 2023, les bailleurs sociaux ont engagé un rythme élevé de rénovations, avec un impact encore modeste sur la décarbonation :
- environ 100 000 logements par an(soit plus de 2 % du parc social) ont fait l'objet de travaux sur le chauffage ;
- près des trois quarts des interventions (74 %) ont consisté en des renouvellements de système ;
- les changements de source d’énergie des installations concernent seulement 1 % des systèmes du parc par an et sont majoritairement des opportunités de raccordements à des réseaux de chaleur ;
- seulement 10 % des organismes concentrent plus de 90 % des installations de pompes à chaleur.
Horizon 2025 : une montée en puissance de la décarbonation
Les programmations annoncées par les bailleurs traduisent une accélération nette :
- le volume annuel de travaux devrait presque doubler passant de 2 % à 4 % du parc ;
- la part des opérations impliquant un changement de vecteur énergétique progresserait fortement, passant de 26 % à 44 %.
La SNBC ne fixe pas d’objectifs spécifiques au logement social en matière de systèmes de chauffage. Toutefois, au regard des programmations actuelles des bailleurs :
- le secteur social atteindrait annuellement 81 % de son objectif théorique de sortie du gaz et permettrait l’élimination complète du fioul dans les chauffages du parc social avant 2030 ;
- seuls 17 % des objectifs théoriques d'installation de pompes à chaleur seraient couverts, révélant un retard important sur ce vecteur ;
- les raccordements aux réseaux de chaleur atteindraient 96 % du niveau attendu.
A consulter : SNBC 3 : la nouvelle feuille de route climatique de la France
Des freins persistants… mais des solutions disponibles
La généralisation des solutions bas carbone comme les pompes à chaleur reste freinée par plusieurs obstacles majeurs cités par les bailleurs : le manque de moyens financiers (64 %), l’absence de solutions techniques adaptées au bâti existant (39 %) et la difficulté à trouver des professionnels pour l’exploitation et la maintenance (17 %).
Pourtant, des solutions concrètes, efficaces et accessibles existent, mais elles sont encore trop peu connues ou sous-exploitées par les professionnels de la prescription.
Pour lever ces freins et accompagner les acteurs (maîtrise d’ouvrage et bureaux d’études), Promotelec, EDF et Pouget Consultants ont publié en septembre 2025 le Guide des solutions pour la décarbonation des logements collectifs (avec chauffage individuel).
Il propose :
- des fiches opérationnelles par solution ;
- un outil d’aide à la décision ;
- un panorama des solutions électriques et thermodynamiques adaptées au remplacement des chaudières gaz individuelles en logement collectif (PAC air/air, PAC air/eau, chauffe-eau thermodynamique, etc.).
L’ambition est claire : faciliter l’intégration de solutions bas carbone dès la phase étude, et ainsi contribuer à massifier la rénovation énergétique responsable.
