Annoncées par le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun lors des Rendez-vous du Diagnostic Immobilier, les premières Assises du Diagnostic Immobilier se sont tenues le 21 mai 2026 à Paris. L'objectif : renforcer le dialogue entre les pouvoirs publics et les professionnels du secteur, dans un contexte marqué par les débats autour de la fiabilité du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Trois tables rondes ont structuré les échanges : la formation, la déontologie et la structuration de la filière.
Formation : professionnaliser davantage le métier
Nourrie par le rapport de Henri Buzy-Cazaux (président et fondateur de l'Institut du Management des services immobiliers), la première table ronde a souligné les limites du modèle actuel de formation. Les participants ont pointé une offre parfois trop courte et hétérogène, peu adaptée à la complexité croissante des missions des diagnostiqueurs.
Selon ce rapport, la profession aurait besoin de 10 000 diagnostiqueurs supplémentaires.
L'ambition est désormais double : renforcer les compétences pour fiabiliser les diagnostics et rendre le métier plus attractif. Pour y parvenir, la profession plaide pour des parcours plus diversifiés, associant formations longues et courtes, alternance et cursus post-bac spécialisés.
Déontologie : restaurer la confiance
La question de la fiabilité du DPE a largement occupé les débats. Si les récentes mesures de contrôle visent à renforcer la qualité des diagnostics, plusieurs représentants du secteur ont dénoncé une approche jugée trop punitive.
Le ministre a ainsi condamné le « diagnostiqueur-bashing » et annoncé le lancement d'une charte d'engagement, à co-construire avec la profession. Parmi les pistes évoquées figurent la création d'une carte professionnelle, le renforcement des contrôles…
Les échanges ont également porté sur l'évolution du coefficient de conversion de l'électricité dans le DPE. Après un premier passage de 2,3 à 1,9 début 2026, un nouvel ajustement à 1,7 est envisagé. Selon le gouvernement, près de 895 000 logements sont déjà sortis du statut de passoire thermique grâce à ces évolutions.
Structurer la filière pour mieux la représenter
La dernière table ronde, s'appuyant sur les travaux du député Daniel Labaronne, a mis en évidence un constat partagé : la profession manque aujourd'hui d'une représentation unifiée.
Conseil national, quasi-ordre professionnel, élections professionnelles ou représentation distincte des petites structures et des grands réseaux : plusieurs modèles sont sur la table. Malgré des visions parfois divergentes, tous s'accordent sur la nécessité de parler d'une seule voix.
Une première étape
Ces premières Assises n'ont pas débouché sur des annonces réglementaires majeures, mais elles ont permis de faire émerger plusieurs priorités pour l'avenir : mieux former les diagnostiqueurs, renforcer la confiance dans les diagnostics et structurer davantage la profession.
Des orientations qui pourraient contribuer à faire évoluer durablement un métier devenu incontournable dans les enjeux du logement et de la transition énergétique.
